La prose des rêves | Cécile Raimond

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Une pièce sombre. J’ouvre mes paupières douloureuses. Mes mains enchaînées autour du bois de la chaise m’inhibe tous mouvements. La lueur blanche de la lanterne agresse mes globes oculaires.

Apparaît alors une androgyne, les mains dans le dos, deux armes cachées. Son parfum de rose me paraît repoussant.

Sa voix retentit contre les dalles de la salle mais aucun bruit ne me parvient. Du sang ruisselle le long de mes oreilles, tympans abîmés.

Sa bouche se crispe en un sourire narquois, deux lumières éclatantes pointent dans les extrémités de ma vision, j’y perçois les deux êtres.

Une haine s’échappe de leurs pores, ma mère pleure, mon père hurle.

Le choix m’est impossible. Un « je vous aime ». Un retentissement. Et je suis partie.

J’ouvre mes paupières humides. Une pièce à mon image.

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